Lab Relions
Le Lab Relions se veut un chantier collectif où se croisent les points de vue et les initiatives qui transforment en profondeur l'intérêt général.


La robustesse des organisations, boussole viable ou utopie ?
La robustesse des organisations : boussole viable ou utopie ?
Après avoir lu l'« Antidote au culte de la performance » d'Olivier Hamant, j’étais très curieuse de découvrir son nouvel ouvrage « L’entreprise robuste », co-écrit avec Olivier Charbonnier et Sandra Enlart.
Cet opus met la robustesse à l’épreuve du monde de l’entreprise. Est-il possible de renoncer au primat de la performance dans des organisations à but lucratif ? Et en prolongement, comment cela s’applique-t-il à des organisations à but non lucratif ?
Les 6 fondamentaux de la robustesse :
Dans un monde marqué par de profondes fluctuations, la recherche de la robustesse doit devenir la boussole guidant les organisations. Celle-ci s’inspire des principes profonds de fonctionnement du vivant :
- Circularité avant efficience : rechercher des cycles infinis de réutilisation, à l’exemple du compost issu de déchets qui redonnent vie.
- Coopération avant compétition : avancer vers des objectifs communs avant des objectifs individuels.
- Adaptabilité ouverte avant agilité : rechercher les marges de manœuvre, plutôt que slalomer entre les risques.
- Exploration avant optimisation : accepter le temps de l’expérimentation, plutôt que chercher à tout standardiser.
- Diversification avant spécialisation : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.
- Viabilité long terme avant efficacité court terme : viser la pérennité, plutôt que risquer la chute fatale.
Les auteurs ne proposent pas de renoncer à la performance, mais de ne plus lui donner le primat, car ce modèle n’est pas adapté à un monde en fluctuations permanentes et en pénurie chronique de ressources.
La robustesse à l'épreuve du monde de l'intérêt général
Cette lecture résonne fortement avec mon activité d’accompagnement auprès des fondations et associations. Face à l’intensification des besoins sociaux et à la baisse des financements, la tentation est grande de chercher à « faire mieux avec moins » par une optimisation à outrance. Pourtant, c’est souvent cette course à l’efficience immédiate qui fragilise le modèle social et économique sur le long terme.
Ma démarche ? Aider ces organisations à intégrer ces principes de robustesse dans leur stratégie : comment retravailler leurs modèles de financement sans trahir leur mission ? Comment favoriser la coopération plutôt que la concurrence ? Comment accepter le temps de l’expérimentation avant de standardiser des programmes ?
La robustesse n’est pas un renoncement, c’est un choix déterminé pour faire vivre les projets d’intérêt général dans la durée. Et vous, qu’en pensez-vous ? Ces réflexions font-elles écho à vos projets ou à vos défis actuels ?
