Lab Relions
Le Lab Relions se veut un chantier collectif où se croisent les points de vue et les initiatives qui transforment en profondeur l'intérêt général.


Transformons les pratiques philanthropiques !
Transformons les pratiques philanthropiques !
C’est l’objet d’un appel lancé par le collectif Initiative Racines qui réunit différents acteurs majeurs de la philanthropie. Je suis fière de soutenir cette initiative car elle vient porter un renouveau indispensable dans le lien “financeurs” - “financés”.
Comme j’ai eu la chance d’agir à différents endroits, du côté des associations comme du côté des fondations et des acteurs publics, j’ai pu mesurer ce que des financements bien pensés peuvent changer.
Privilégier les financements robustes
Comme toute entreprise, une association a besoin de visibilité pour se déployer. Sinon elle ne fait qu’être ballottée comme une coquille de noix au gré des changements de houle, en espérant qu’elle ne coulera pas. En ce sens, des soutiens "robustes" peuvent aider à ce projeter dans la durée : des financements de long terme versus des financements dits “one shot”, un soutien à la structure et pas seulement à des projets spécifiques, des financements ouverts à l’expérimentation et pas seulement à des projets bien rodés, des subventions ou dons payés dans les temps et pas après la réalisation d’un projet.
Penser d'autres relations entre "financés" et "financeurs"
Outre ce changement dans les fonctionnements des financements, beaucoup me semble pouvoir être fait à un niveau relationnel. Certes, ce n’est pas simple quand la relation commence par un déséquilibre initial : il y a celui qui donne et celui qui reçoit. Alors, comment faire pour penser la relation comme une possibilité d’apprentissage réciproque? Par exemple, travailler sur la transparence du processus de sélection, se rencontrer en vrai et pas seulement via des formulaires, être à l’écoute de projets qui ne sont pas forcément outillés pour remplir toutes les bonnes cases.
Rendre compte, plutôt que rendre des comptes
Enfin, les objectifs des évaluations, souvent sollicitées par les financeurs, me semblent pouvoir être questionnés. Servent-elles toujours à faire grandir les projets et / ou servent-elles à fournir des indicateurs pour les financeurs? Comment passer de “rendre des comptes” à “rendre compte” des succès comme des difficultés? Comment le “rendre compte” peut-il se faire des deux côtés, c'est-à-dire à la fois pour l’association comme pour le financeur qui apporte les fonds?
Un appel soutenu par plus de 200 signataires
Cet appel est soutenu par près de 200 signataires, gageons qu’il pourra inspirer tout aussi bien la philosophie d’intervention des fondations et des autres acteurs privés, que celle des acteurs publics, dans le contexte actuel particulièrement difficile pour les financements associatifs.
